
Suzanne Peyrottes
Titre de la présentation : Analogues de nucléotide et Paludisme, quand l’inattendu est au rendez-vous
Biographie : Suzanne Peyrottes est diplômée en chimie de l’Université de Montpellier (France) et a obtenu son doctorat en 1995 sous la direction du Dr J.J. Vasseur, où elle s’est consacrée à la synthèse et l’étude d’oligonucléotides modifiés. Elle a ensuite rejoint le groupe du Dr M.J. Gait au MRC (Cambridge, Royaume-Uni) en tant que postdoctorante, où elle a travaillé sur la synthèse en phase solide de conjugués oligonucléotides-peptides.
En 1999, elle a été nommée Chargée de Recherche par le CNRS et elle est actuellement directrice de recherche. Ses centres d’intérêt concernent la conception d’agents thérapeutiques potentiels pour traiter les infections et les cancers, le développement de nouvelles méthodologies de synthèse liées aux composants des acides nucléiques. Au sein de l’institut des biomolécules Max Mousseron (IBMM, Montpellier), elle dirige l’équipe Nucléosides & Effecteurs Phosphorylés depuis 2015.
Abstract : Plasmodium falciparum (Pf) est responsable de la forme mortelle du paludisme, qui représente une menace sanitaire majeure dans les pays tropicaux et sub-tropicaux. Malgré la mise sur le marché d’un vaccin (RTS,S/AS01) en octobre 2021, son efficacité est limitée et le traitement de cette maladie reste compliqué en raison de l’émergence de parasites résistants. En particulier, la résistance du parasite aux médicaments les plus efficaces, tels que les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT), est une vrai préoccupation. Le développement de nouveaux traitements basés sur des composés et des cibles thérapeutiques originaux est donc une priorité.
Récemment, nous avons rapporté deux familles de nucléotides en série phosphonate et appartenant aux analogues des carbonucléosides [1] et aux β-hydroxy-acyclonucléosides [2] comme nouveaux inhibiteurs de la croissance de Pf (souche 3D7) dans les globules rouges infectés. En série acyclonucléotides, nous avons identifié un composé très prometteur (UA2239), présentant une activité antipaludique sur les stades asexués in vitro (P. falciparum, IC50 = 76,6 ± 9 nM) ainsi qu’in vivo (P. berghei, ED50 = 0,5 mg/kg/jour).
Références :
- B. Sidi Mohamed, M. Chau Nguyen, S. Wein, J.-P. Uttaro, X. Robert, S. Violot, L. Ballut, V. Jugnarain, C. Mathé, R. Cerdan, N. Aghajari, S. Peyrottes, Eur. J. Med. Chem., 2023, 258, 115581.
- T. Cheviet, S. Wein, G. Bourchenin, M. Lagacherie, C. Périgaud, R. Cerdan and S. Peyrottes, J Med Chem 2020, 63, 8069−8087 & T. Cheviet, S. Wein, C. Lionne, Y. Badji, N. Venturini, R. Cerdan and S. Peyrottes, Chem. Eur. J., 2025, 31: e02853.
